jeudi 1 octobre 2009

Les ateliers du mercredi

Depuis mercredi j'anime des ateliers "Petits Pinceaux"
pour les 5-10 ans !
Je mets aussi la main à la pâte pour la création de quelques visuels...

Petits papiers

mardi 29 septembre 2009

Dédicace au Livre sur la Place !













Petit Pays a fait sa première sortie en France, tout neuf et cartonné, fraîchement sorti de chez l'imprimeur...
Il était au Livre sur la Place à Nancy le week-end dernier... il en reste quelques exemplaires à la librairie l'Autre Rive à Nancy pour ceux qui n'ont pas pu venir !

… à suivre !

lundi 14 septembre 2009

Afriscope




















A Paris, dans une petite rue du XXe, derrière les rues bouillonnantes de Belleville, entre le marché aux fripes, les cafés turcs, les rues tangentes "taggée-colorée" : les bureaux d'Afriscope. Enfin, plutôt LE bureau d'Afriscope. Un petit bureau où je m'apprête, ce beau mois d'été, à rencontrer Ayoko Mensah, rédactrice en chef de la revue pour une toute petite collaboration. Cela n'a l'air de rien mais travailler pour ce magazine m'a enthousiasmé et replongé dans des couleurs qui n'étaient plus présentes dans mon paysage actuel !

AFRISCOPE : "L'actualité prend des couleurs" tel en est le slogan.
En effet, ce bimestriel gratuit (diffusé en Ile-de-France et récemment en régions PACA et Aquitaine) cherche à valoriser l’apport des artistes et citoyens d’origine africaine à la société française.

Je ne compte pas faire de ce papier une description détaillée de ce "porte-voix" de la diaspora... mais je compte bien inciter votre curiosité à aller plonger son nez dans ce 32 pages !

www.afriscope.fr

dimanche 26 juillet 2009

Le parc central des zem



Il y a de jolies rencontres comme celle avec Delphine que j'avais envie de partager ici. J'ai rencontré Delphine à Cotonou alors qu'elle prenait la décision de venir vivre ici pour retrouver son ami béninois.
Et quelle décision, quelle détermination et quel courage ! Delphine est journaliste. Elle a cette façon de vous raconter avec des détails spatio-temporels minutieux chacune de ces rencontres, de ces journées qui vous construise un voyage. Elle écrit. Elle écrit des chroniques, souvent.

Voici un texte qu'elle avait souhaité partager en me proposant de l'illustrer :

"Jusqu’à présent, j’ai écrit des chroniques après un événement, un moment de vie, une rencontre qui m’inspirait. Rien n’était prévu, prémédité. Celle-ci est donc particulière : elle parle d’un lieu qui a toujours attiré mon attention à Cotonou, un lieu où je me suis rendue exprès cette semaine pour mieux le connaître. Je n’y suis pas allée seule, mais avec Karine, une amie illustratrice à qui j’ai demandé une faveur : croquer cet endroit avec ses crayons, ses couleurs. Mes mots, ses traits.

Cet endroit s’appelle le parc central des zem de Camp Marie.
Parc central des zem, car c’est le quartier général des conducteurs de taxi-motos. Camp Marie car il est situé en plein cœur de Cotonou, juste en face du camp militaire.
C’est un immense abri avec de grosses branches en guise de poteaux et de charpentes pour tenir un toit en tôles ondulées. Il est adossé au mur de la faculté de médecine. Devant, sur le pavé, des dizaines de motos sont garées, perpendiculaires au trottoir, malgré… les panneaux
« interdiction de stationner » ! Il y a un mois, une société a installé une petite cabine en bois peinte en rouge, blanc, vert. « Mecarun » propose aux zem des « produits anti-pollution » et « l’Air Stop, anticrevaison de technologie militaire » !
Les zem sont nombreux à tout moment de la journée. Vêtus de leurs chasubles jaunes, ils viennent là pour se reposer sur les bancs en bois. Pour manger, chez les bonnes dames qui ont installé leurs cantines. Ils viennent aussi pour lire les journaux. Ils s’attroupent devant
un « mur » d’une trentaine de titres accrochés avec des pinces à des cordelettes, comme du linge en train de sécher sur un fil. Ils lisent les unes. Pour en savoir plus, ils achètent le journal au vendeur qui a son stand juste derrière.
Mais les zem viennent surtout pour parler de politique !
C’est ici, au parc central de Camp Marie, qu’on peut prendre la température du pays et suivre les débats les plus acharnés. D’ailleurs, les députés, les ministres, et même, même… le président de la République arrêtent leurs voitures sur le bord de la route pour consulter les zem! C’est ce que nous apprenons en discutant avec Donatien, Léon et Hubert, le chef du parc. Il a été élu pour un an et c’est lui qui veille au bon ordre du lieu et qui modère les ardeurs de ses collègues quand la fièvre monte. Il y a un règlement affiché sur un panneau de contreplaqué, règlement édicté par l’Association des Amis Zem (2AZ). L’article 5 stipule : « le racisme, le régionalisme et les querelles sont strictement interdits ». En cas de non-respect des consignes, amende !
« Ici chaque zem est politique, mais le chef du parc est apolitique !», déclare Léon.
Donatien soutient le président Boni Yayi et son parti, les Forces cauris pour un Bénin émergent. Il appartient au « Front d’action des zémidjan pour le changement ». C’est écrit sur sa chasuble, autour du dessin de deux zem soutenant un cauri.
Je décide de l’appeler « zémergent » !
Immédiatement, un autre zem nous montre son dos. Lui milite pour le PRD, Parti du Renouveau Démocratique. Un troisième affiche son appartenance à la RB, la Renaissance du Bénin.
Pffff… nous étions loin d’imaginer que nous allions nous retrouver dans un hémicycle.
Léon a lui aussi un logo imprimé sur sa veste : « SOS zem ». Ce n’est pas un syndicat mais une association de taxi-motos qui ramassent les blessés en cas d’accident pour les conduire au CNHU. Il est l’un des rares à porter un casque !
Au parc central de Camp Marie, on rencontre des zem qui refont le monde et d’autres qui sauvent des vies !

Merci à Donatien, Hubert et Léon



BONUS : il y a 100 000 zem à Cotonou pour une population
d’1 million d’habitants ! Même s’ils ne sont pas tous politisés, ils constituent une sacrée force, un lobby puissant."

Delphine Bousquet - le Vendredi 9 janvier 2009 à Cotonou

La vendeuse de boulons



"Rose est la vendeuse de boulons la plus sexy du monde. Elle tient un petit commerce à côté de chez nous. Sa boutique est sommaire : des tôles fixées par de grosses branches de bois tiennent lieu de murs et de plafond. L’une d’elles se soulève pour créer un auvent. Devant, sur le trottoir, de grandes planches servent d’étagère pour des dizaines de bocaux contenant des boulons, des écrous, des vis, des pointes. On a sympathisé le jour où j’ai pris son échoppe en photo. Je trouvais très belle l’exposition de ces bocaux, aux couvercles bleu et rouge.
Rose vend aussi des pelles, des tuyaux en plastique, des courroies, des pièces de moto, des pneus. Ils sont posés sur d’autres étagères à l’intérieur, ou suspendus à des clous.
Rose a 21 ans, elle change souvent de coiffure, elle porte toujours des boucles d’oreille dorées, des colliers dorés, des hauts très décolletés ou très moulants, des jupes ou des pantalons serrés serrés. On la verrait bien coiffeuse ou esthéticienne. Et non, elle vend des boulons! Pour le plus grand bonheur de ses clients, les maçons, les mécaniciens du quartier ou les taxis-motos qui attendent de l’autre côté de la rue. L’affaire appartient à son père, elle a arrêté l’école à 15 ans pour l’aider. Désormais c’est elle qui la fait tourner. Elle note toutes ses transactions dans un cahier d’écolier.
- Je vends un peu un peu. Mais ça fait un peu. Je m’en sors, dit-elle avec un grand sourire.
Un sourire qui illumine l’intérieur sombre de sa boutique, où elle a posé une petite plaque : « Dieu fera ».
Pour l’instant, c’est Rose qui fait, du lundi au samedi, dès 8h du matin jusqu’à 20h30."


Delphine Bousquet - le Mardi 30 septembre 2008 à Cotonou

lundi 20 juillet 2009

Rencontre littéraire (2)

L'Océan noir de William Wilson












" A l'heure où la France se souvient du rôle qu'elle a joué dans le commerce mondial des esclaves – des millions d'hommes et de femmes arrachés à l'Afrique pour être emmenés vers le continent américain –, ce bel ­album arrive à point nommé. Né d'une mère française et d'un père togolais, le plasticien William Wilson mêle ici le récit de son histoire familiale à l'Histoire avec un grand H. Son texte, émouvant et éclairant, articule le destin collectif des Noirs d'Afrique et sa généalogie personnelle, et se ­lisent en filigrane les interrogations parfois douloureuses de l'enfant, du jeune homme métis qu'il fut, grandi à Orléans dans l'ignorance de tout un pan de ses origines – l'Afrique, dont il fera la connaissance plus tard. Ce récit s'appuie sur une illustration formidable : une extraordinaire fresque de tissu en dix-huit tableaux, dix-huit tentures de coton («l’appliqué», art traditionnel de la cour du Bénin), colorées, vivantes, expressives, riches en symboles, créées par William Wilson à partir d'une pratique artistique traditionnelle béninoise [et réalisées avec l’aide des derniers maîtres teinturiers en activité à Abomey]. "
Nathalie Crom, Telerama n° 3099 - 06 juin 2009


http://www.williamwilson.fr/

Un été à l'atelier (1)

Message pour Mathias : "Tu as vu ! Je travaille (un peu) : quelques recherches chromatiques à l'aquarelle en attendant de passer au collage... et du trait sous le coude pour bientôt. Cadjèhoun années seventies ! La suite très vite, je te le promets :)"


samedi 4 juillet 2009

Soirées d'été

Parce qu'une bonne soirée estivale s'accompagne souvent d'une petite citronnade... ou d'un picon bien frais, je vous présente pour les ensoleiller : les Culs trempés !

Ce groupe champêtre saura mettre une note bien placée dans vos longues soirées d'été.

Et en même temps ça me permet de vous présenter le travail que j'ai réalisé pour eux !

L'affiche






















et la conception du digipak






























































Bon été à tous Ici ou Ailleurs... et à très vite !

Karine

Pour les Culs trempés, c'est par .

lundi 15 juin 2009

Portraits béninois

Les portraits qui suivent sont des rencontres avec des photographes béninois. C'est aussi une rencontre avec Jeanne et Baptiste, d'Afrique in visu, la plateforme d'échanges autour du métier de photographe en Afrique pour qui j'ai écris les deux chroniques suivantes l'année passée. Je souhaitais vous les faire découvrir au travers de l'Arbre à palabre.

Pour retrouver ces deux articles sur le site d'Afrique in visu cliquez ici. Afrique in visu fait parti des sites coup de cœur de l'Arbre à palabre, vous pouvez les retrouver dans la rubrique "Ici ou ailleurs"

Incontournable Charles Placide



Charles Placide est l’un des photographes incontournables de Cotonou au Bénin. J’ai souhaité lui laisser la parole pour se présenter à vous. Magneto…

« Je m'appelle Charles Placide. Je suis photographe.
J'ai commencé en 1992 dans un studio à Cotonou. Le studio était tenu par un de mes amis. J'allais souvent l'assister. On bavardait beaucoup. J'admirai beaucoup ce métier qui est devenu une passion, pour moi, du jour au lendemain. Un jour je lui ai demandé de m'apprendre la photographie. Manuellement, il m'a donné des repères sur l'appareil photo pour prendre des gens assis et debout. Un jour il est parti en vacances, et il m'a demandé de reprendre le studio pendant les deux semaines de son absence. C'est ainsi que j'ai commencé. A son retour, j'ai pris goût à la photographie et j'ai arrêté l'école pour l'assisté de façon permanente.
Ensuite, je suis devenu autodidacte jusqu'en 1994 où je photographiais les baptêmes, les mariages...
Fin 1994, j'ai rencontré Erick Ahounou, photographe de presse. J'ai commencé à travailler avec lui en tant qu'assistant, jusqu'en 1996, l'année de la création du journal Les Echos du jour dans lequel je me suis fait embaucher.
Aujourd'hui, je travaille en indépendant pour la presse béninoise et aussi en tant que correspondant de l'agence Reuters et Afrikimages. »


Charles Placide est autodidacte.
Excepté les studios de formation, il existe à présent des écoles de formation en photojournalisme ici à Cotonou.

Charles Placide réalise également des photographies d'art telles que des photographies de nus. Cette idée lui est venue d'un vieux livre acheté pendant sa formation à Dakar. Intrigué par la démarche de l'artiste qui photographiait avec sa sensibilité le bout des seins, il a voulu élargir le champ de cette recherche pour ne pas le plagier. Il a donc commencé à photographier des fragments de parties sensibles du corps féminin. L'artiste a choisi des fragments pour ne pas dévoiler l'identité de la femme. En effet, au Bénin il y a beaucoup trop d'interdits. On ne peut pas photographier une femme dans son entièreté.

Par ailleurs, l'artiste commence également à photographier des scènes de vodoun.
Inspiré par Pierre Verger, l'artiste s'est dit qu'on ne pouvait pas laisser un français nous parler du vodoun par ses photographies, alors qu'il y a des béninois photographes.



Sur la route de Rafiy Okefolahan

On entre chez Rafiy Okefolahan par une petite cour.Des hauts de boumba et autres tissus à motifs très colorés sèchent au soleil.Il fait chaud et moite. Nous sommes à Cotonou, capitale économique et effervescente du Bénin. Son atelier se trouve dans un quartier du bord de mer, Fidjrossè. Rafiy, nous ouvre sa porte, un large sourire aux lèvres.



Bonjour Rafiy, peux-tu me parler un peu de toi et de ton parcours?
Je suis artiste-plasticien et photographe natif de Porto-Novo.
Autodidacte. Au début, je peignais sur des toiles de jute du figuratif avec beaucoup de couleurs… c’est ce qui se vendait le mieux.
Un jour, j’ai rencontré un artiste togolais qui m’a appris que l’on pouvait peindre autrement, avec une démarche artistique, une suite logique dans le travail. Je suis resté à travailler dans son atelier pendant un an.
Puis j’ai eu la joie de faire une année à l’Ecole Nationale de Arts de Dakar, ainsi que plusieurs ateliers au Sénégal avec des artistes de diverses nationalités.
C’est à ce moment que j’ai découvert d’autres techniques comme la peinture sous-verre que j’ai développé et la photographie.
J’ai donc commencé à suivre quelques photographes dans leur travail, et je me suis mis à photographier mon entourage, les maisons, l’architecture, des linges suspendus dans des cours. Quand je suis revenu à Cotonou, j’ai choisi de travailler sur l'environnement en s'inspirant des déchets en prenant en photo les ordures. Je trouvais que les formes et les couleurs ressemblaient à des toiles que j’avais vu de Jackson Pollock. C’est à la dernière Biennale de Dakar en 2008, qu’en discutant avec des photographes, je me suis dit que je pouvais moi aussi faire de la photographie tout en ayant une véritable démarche. Je me suis lancé.

Tout en parlant, Rafiy fait défiler sur son ordinateur toutes sortes de clichés tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc. Assis sur de jolis coussins fleuris posés sur des nattes, entre deux sodas et quelques cacahuètes, nous poursuivons :

Peux-tu nous parler de cette démarche que tu développes actuellement en photographie ?

J’ai intitulé mon dernier projet « Alice au pays des merveilles ».



Ce projet est le fruit de ma rencontre avec Fabiola, une roumaine parachutée au pays du vodoun. C’est son étonnement face à certaines choses, qui pour moi sont anodines, habituelles, qui ont suscité ma curiosité. Par exemple une personne urinant au bord de la voie, une dame transportant une grosse bassine sur la tête, des zemidjans (taxi-moto) véhiculant 4 personnes sur la même moto, etc. Lorsque Fabiola m’a rejoint à Dakar pour la Biennale, nous avons décidé de redescendre à Cotonou par la route. Faire ce bout de chemin ensemble m’a permis d’approfondir ce thème que nous avions commencé au Bénin. Les photographies en noir et blanc me paraissaient très expressives pour mener à bien ce projet.




Un regard croisé en soi.
Un jeu de miroir ou comment par leurs errances deux personnes (re)découvrent, une, voire des Afriques, à travers le regard de l’autre.
Rafiy d’ajouter à mon interrogation sur ces multiples voyages qu’il cherche à s’affirmer, se trouver parmi ces Afriques traversées. Trouver en quelque sorte son identité car ce n’est pas parce que l’on est natif de quelque part qu’on ne peut pas trouver son identité ailleurs.



Fabiola me glisse quelques mots de Lewis Caroll extraits d’«Alice au pays des merveilles» en fin d’après-midi. Ces quelques mots savoureux suffiront à clore cette belle rencontre et à résumer le merveilleux parcours de Rafiy.

Alice au chat :
« Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
- Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
- Peu m’importe l’endroit…
- En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
- … pourvu que j’arrive quelque part, ajoute Alice en guise d’explication
- Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelques part, si tu marches assez longtemps »