samedi 4 juillet 2009

Soirées d'été

Parce qu'une bonne soirée estivale s'accompagne souvent d'une petite citronnade... ou d'un picon bien frais, je vous présente pour les ensoleiller : les Culs trempés !

Ce groupe champêtre saura mettre une note bien placée dans vos longues soirées d'été.

Et en même temps ça me permet de vous présenter le travail que j'ai réalisé pour eux !

L'affiche






















et la conception du digipak






























































Bon été à tous Ici ou Ailleurs... et à très vite !

Karine

Pour les Culs trempés, c'est par .

lundi 15 juin 2009

Portraits béninois

Les portraits qui suivent sont des rencontres avec des photographes béninois. C'est aussi une rencontre avec Jeanne et Baptiste, d'Afrique in visu, la plateforme d'échanges autour du métier de photographe en Afrique pour qui j'ai écris les deux chroniques suivantes l'année passée. Je souhaitais vous les faire découvrir au travers de l'Arbre à palabre.

Pour retrouver ces deux articles sur le site d'Afrique in visu cliquez ici. Afrique in visu fait parti des sites coup de cœur de l'Arbre à palabre, vous pouvez les retrouver dans la rubrique "Ici ou ailleurs"

Incontournable Charles Placide



Charles Placide est l’un des photographes incontournables de Cotonou au Bénin. J’ai souhaité lui laisser la parole pour se présenter à vous. Magneto…

« Je m'appelle Charles Placide. Je suis photographe.
J'ai commencé en 1992 dans un studio à Cotonou. Le studio était tenu par un de mes amis. J'allais souvent l'assister. On bavardait beaucoup. J'admirai beaucoup ce métier qui est devenu une passion, pour moi, du jour au lendemain. Un jour je lui ai demandé de m'apprendre la photographie. Manuellement, il m'a donné des repères sur l'appareil photo pour prendre des gens assis et debout. Un jour il est parti en vacances, et il m'a demandé de reprendre le studio pendant les deux semaines de son absence. C'est ainsi que j'ai commencé. A son retour, j'ai pris goût à la photographie et j'ai arrêté l'école pour l'assisté de façon permanente.
Ensuite, je suis devenu autodidacte jusqu'en 1994 où je photographiais les baptêmes, les mariages...
Fin 1994, j'ai rencontré Erick Ahounou, photographe de presse. J'ai commencé à travailler avec lui en tant qu'assistant, jusqu'en 1996, l'année de la création du journal Les Echos du jour dans lequel je me suis fait embaucher.
Aujourd'hui, je travaille en indépendant pour la presse béninoise et aussi en tant que correspondant de l'agence Reuters et Afrikimages. »


Charles Placide est autodidacte.
Excepté les studios de formation, il existe à présent des écoles de formation en photojournalisme ici à Cotonou.

Charles Placide réalise également des photographies d'art telles que des photographies de nus. Cette idée lui est venue d'un vieux livre acheté pendant sa formation à Dakar. Intrigué par la démarche de l'artiste qui photographiait avec sa sensibilité le bout des seins, il a voulu élargir le champ de cette recherche pour ne pas le plagier. Il a donc commencé à photographier des fragments de parties sensibles du corps féminin. L'artiste a choisi des fragments pour ne pas dévoiler l'identité de la femme. En effet, au Bénin il y a beaucoup trop d'interdits. On ne peut pas photographier une femme dans son entièreté.

Par ailleurs, l'artiste commence également à photographier des scènes de vodoun.
Inspiré par Pierre Verger, l'artiste s'est dit qu'on ne pouvait pas laisser un français nous parler du vodoun par ses photographies, alors qu'il y a des béninois photographes.



Sur la route de Rafiy Okefolahan

On entre chez Rafiy Okefolahan par une petite cour.Des hauts de boumba et autres tissus à motifs très colorés sèchent au soleil.Il fait chaud et moite. Nous sommes à Cotonou, capitale économique et effervescente du Bénin. Son atelier se trouve dans un quartier du bord de mer, Fidjrossè. Rafiy, nous ouvre sa porte, un large sourire aux lèvres.



Bonjour Rafiy, peux-tu me parler un peu de toi et de ton parcours?
Je suis artiste-plasticien et photographe natif de Porto-Novo.
Autodidacte. Au début, je peignais sur des toiles de jute du figuratif avec beaucoup de couleurs… c’est ce qui se vendait le mieux.
Un jour, j’ai rencontré un artiste togolais qui m’a appris que l’on pouvait peindre autrement, avec une démarche artistique, une suite logique dans le travail. Je suis resté à travailler dans son atelier pendant un an.
Puis j’ai eu la joie de faire une année à l’Ecole Nationale de Arts de Dakar, ainsi que plusieurs ateliers au Sénégal avec des artistes de diverses nationalités.
C’est à ce moment que j’ai découvert d’autres techniques comme la peinture sous-verre que j’ai développé et la photographie.
J’ai donc commencé à suivre quelques photographes dans leur travail, et je me suis mis à photographier mon entourage, les maisons, l’architecture, des linges suspendus dans des cours. Quand je suis revenu à Cotonou, j’ai choisi de travailler sur l'environnement en s'inspirant des déchets en prenant en photo les ordures. Je trouvais que les formes et les couleurs ressemblaient à des toiles que j’avais vu de Jackson Pollock. C’est à la dernière Biennale de Dakar en 2008, qu’en discutant avec des photographes, je me suis dit que je pouvais moi aussi faire de la photographie tout en ayant une véritable démarche. Je me suis lancé.

Tout en parlant, Rafiy fait défiler sur son ordinateur toutes sortes de clichés tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc. Assis sur de jolis coussins fleuris posés sur des nattes, entre deux sodas et quelques cacahuètes, nous poursuivons :

Peux-tu nous parler de cette démarche que tu développes actuellement en photographie ?

J’ai intitulé mon dernier projet « Alice au pays des merveilles ».



Ce projet est le fruit de ma rencontre avec Fabiola, une roumaine parachutée au pays du vodoun. C’est son étonnement face à certaines choses, qui pour moi sont anodines, habituelles, qui ont suscité ma curiosité. Par exemple une personne urinant au bord de la voie, une dame transportant une grosse bassine sur la tête, des zemidjans (taxi-moto) véhiculant 4 personnes sur la même moto, etc. Lorsque Fabiola m’a rejoint à Dakar pour la Biennale, nous avons décidé de redescendre à Cotonou par la route. Faire ce bout de chemin ensemble m’a permis d’approfondir ce thème que nous avions commencé au Bénin. Les photographies en noir et blanc me paraissaient très expressives pour mener à bien ce projet.




Un regard croisé en soi.
Un jeu de miroir ou comment par leurs errances deux personnes (re)découvrent, une, voire des Afriques, à travers le regard de l’autre.
Rafiy d’ajouter à mon interrogation sur ces multiples voyages qu’il cherche à s’affirmer, se trouver parmi ces Afriques traversées. Trouver en quelque sorte son identité car ce n’est pas parce que l’on est natif de quelque part qu’on ne peut pas trouver son identité ailleurs.



Fabiola me glisse quelques mots de Lewis Caroll extraits d’«Alice au pays des merveilles» en fin d’après-midi. Ces quelques mots savoureux suffiront à clore cette belle rencontre et à résumer le merveilleux parcours de Rafiy.

Alice au chat :
« Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?
- Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
- Peu m’importe l’endroit…
- En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
- … pourvu que j’arrive quelque part, ajoute Alice en guise d’explication
- Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelques part, si tu marches assez longtemps »

vendredi 5 juin 2009

Rencontre littéraire (1)

En parcourant les librairies ces derniers temps, je suis tombée un peu par hasard sur un ouvrage destiné au Bénin.


















Celui-ci, bien que pas très beau graphiquement m'a donné un joli sourire en y voyant photographiées et interviewées des personnes que j'avais rencontrées à Cotonou !

Bien illustré, ce livre vaut vraiment le détour.

Vous pourrez y voir par ordre d'apparition : Marie-Cécile Zinsou, Simonet Biokou, Lolo Andoche, Camille Amouro, Florent Couao-Zotti, Alougbine Dine, Charles Placide, Angélique Kidjo ou encore le groupe Ardiess !

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • "Culture et talents du Bénin - Itinéraire et rencontres"
240 pages, 200 illustrations, 29 €
Somogy - Editions d'art, coédité avec les Musées de Vendée et paru le 15 avril 2009.

samedi 2 mai 2009

Jour de fête

Cérémonie de masques Gèlèdé • Adjohoun

Petite tache ocre sur la carte, le quartier Agoungoun s'éveille. Il s'éveille sous un ciel noir comme une goutte d'encre de chine mais étoilé. Quelques néons suspendus à des bouts de bois nous accueillent. Quelques yeux pétillent et semblent clignoter sous ce lampadaire de fortune. Ce sont des enfants frétillants d'impatience. Le quartier endormi s'éveille. La lumière crue des néons fait apparaître des fragments de pagnes colorés. La foule s'assemble, se rapproche, salue.

C'est un jour de fête, dans ce quartier reculé d'Adjohoun !

Derrière un muret de banco, une cour. S'y échappent des volutes de fumée. Les villageois y ont improvisé une cuisine. Des bols n'attendent plus qu'à remplir leur ventre en plastique coloré de pâte rouge. Cette pâte si délicieuse en bouche. Cette pâte des jours heureux que Mémé est en train de préparer en s'agitant autour d'une marmite en fonte. Les tomates et les oignons réduisent sur le feu dansant. Sa lumière si chaude éclaire des visages souriant. Un vieux nous sert du sodabi, l'alcool local, que je goutte dans un petit verre accompagné de lait.
Les papilles s'impatientent. Le cœur aussi. J'entends au loin des vibrations de percussions. Le cœur s'emballe en ce jour de fête. Quelques villageois ivres de joie et de sodabi disparaissent derrière les maisons de banco pour rejoindre les notes de musique. Pendant que nous avalons notre repas, quelque part dans une demeure des initiés s'apprêtent.

Ce soir à Adjohoun, c'est jour de fête : on sort les masques pour les faire danser !

Quelque part, loin des regards indiscrets quelques hommes enfilent leurs costumes brodés et colorés. Ce soir ils fixeront solidement sur leur tête un mystérieux masque en bois. La foule est assemblée... et quelques endormis, enivrés.

L'endormi


J'ai sorti mes aquarelles, taillés mes crayons. Pour rien au monde je ne raterais cette cérémonie ! Croquer les danses, les costumes virevoltant, les combats de danseurs, et ces merveilleux masques que j'avais déjà observé chez l'antiquaire Justino De Meideros, posés sur des étagères poussièreuses. Mon cœur s'emballe. La musique aussi. Les gens se lèvent, chantent et dansent pour accueillir comme il se doit ces masques Gèlèdé !



Et sur le son des tambours, les danseurs arrivent. En duo, ils s'animent et prennent vie dans mon carnet ! C'est captivant !



"Ces masques aux polychromies chatoyantes appelés masques Gèlèdé sont issus de la société éponyme située entre le Bénin et le Nigéria et puisent leurs origines au sein de l'importante ethnie yoruba.

Il s'agit d'une société matriarcale. Mais au 18e siècle, il y a eu usurpation: les hommes ont pris le pouvoir et ne cessent depuis d'essayer de se faire pardonner en consacrant un culte à la toute puissance de la mère ancestrale.

En adorant les Mères, le Gèlèdé célèbre le pouvoir de la femme: en donnant la vie, elle maîtrise ses mystères, insondables pour les hommes; en devenant sorcière, elle peut aussi semer le désordre, reprendre la vie.

Dans la société gèlèdé, classée depuis 2001 par l'UNESCO sur la liste des patrimoines oraux et immatériels de l'humanité, l'autorité politique revient aux hommes et le pouvoir spirituel aux femmes: le culte est dirigé par des femmes et toutes les divinités sont des femmes. En revanche, les danseurs qui incarnent ces divinités dont ils portent le masque sont tous des hommes.

La nuit se déroulent les cérémonies rituelles très codifiées, accompagnées de chants et de danses au rythme des percussions, avec des masques spécifiques qui apparaissent puis disparaissent dans l'obscurité selon un ordre ancestral.

Le jour est consacré à la fête avec un parti pris plutôt de communication sociale. Il s'agit de faire passer un message en terme de morale, de santé, d'éducation, voire de politique.

De nombreux masques de jour, posés sur le haut de la tête du danseur, représentent des scènes de la vie quotidienne et sont articulés depuis les années 60, à l'image de marionnettes. Par l'entremise de cordelettes ou par des mouvements du corps, le danseur peut donner vie aux personnages qu'il représente.

Ainsi ce masque où une femme avec un enfant refuse d'un mouvement de tête le biberon que lui propose un homme: après de nombreuses morts d'enfant provoquées par du lait en poudre mélangé à de l'eau contaminée, il s'agit d'inciter les femmes à allaiter.
"

(Source : masques Gèlèdé ici)



Le quartier en fête ne se rendormira que le lendemain, après avoir battu la terre ocre de ses danses et de sa joie !

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Merci à Guénaël Fassier,
doctorant en anthropologie,
et spécialiste de l'art Gèlèdé au Bénin,
pour nous avoir emmené sur ces chemins.

Petites images

En attendant d'écrire prochainement un petit papier sur un nouveau projet... voici quelques croquis non publiés glanés dans mes carnets.

Vendeuse de pastèques


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Chez Monique



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Revenant





















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Voyage au Burkina Faso
Début de l'aventure ici.

Selidaga


Mosquée de Bobo Dioulasso


Journal


Marchande de charbon et cie


Tapis de mosquée

lundi 23 mars 2009

[studio tokpa]

Février 2009.
Je pose mes valises.
Je m'installe à Nancy... et crée le [studio tokpa].




Le [studio tokpa]*, studio de graphisme et d'illustration indépendant, revenu de 548 jours passés au Bénin, est né de ce désir de répondre à nouveau à diverses commandes.

*tokpa est le diminutif de Dantokpa, l'un des plus grand marché d'Afrique de l'Ouest, situé à Cotonou.

le site est déjà en ligne ! :)
http://www.studiotokpa.com

un grand merci à Serge !

vendredi 20 mars 2009

"Petit Pays" • Bénin 2059 • Les Petits Pinceaux

L'occasion pour moi de revenir aussi sur mes derniers jours au Bénin... et non moins savoureux (du moins en ce qui concerne le sujet de cet article).

Alors que Guy-Ernest KAHO, l'auteur de Petit Pays, s'égosillait la voix dans l'espace consacré à Petit Pays à la Fondation Zinsou... en contant l'histoire à de petites oreilles, j'occupais de petites mains à l'atelier des Petits Pinceaux !

En effet, à la suite de l'exposition "Bénin, 2059", la Fondation Zinsou a proposé à chaque artiste d'animer un atelier dans son espace destiné aux enfants de 3 à 12 ans appelé "Les Petits Pinceaux".




Les artistes de l’exposition pouvaient guider eux-mêmes les enfants dans leur processus créatif. Je me suis donc amusée avec Eléonore M’Fabo, l'enseignante, à faire travailler ces petites mains sur leur représentation de Petit Pays (après lecture du conte) en technique mixte. Pêle-mêle sur les tables : du lino de couleurs et de textures différentes, des fragments de pagnes, des bouts de papiers colorés... Pour les plus grands nous avons travaillé sur un travail plus "graphique" en découpant des lettres pour composer le titre.






















... de très bons moments en soit ! .... et des résulats saisissants !

"Petit Pays" • Bénin 2059 • Le livre !

Voilà... ça y est... il est (presque) sorti ! :)

Petit Pays est imprimé...


































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... il était même présent au Salon du Livre de Paris cette semaine (eh oui !) au stand Bénin et CulturesFrance/Librairie Afrique & Caraïbes. Vous avez pu nous y croiser, avec l'illustrateur béninois Hector Sonon, en dédicaces toute la semaine !

Le livre devrait retrouver son pays de cœur et d'origine dans les semaines à venir... je pense particulièrement à la librairie de la Fondation Zinsou (pour les béninois)... et espérons dans quelques semaines/mois (?) en France !!

samedi 3 janvier 2009

Bonne année !

Une nouvelle année qui commence...
avec de nouveaux horizons à venir !
Je ferme ce livre béninois pour de nouvelles aventures...
Un envol début février pour retrouver des vallées enneigées.

Je vous souhaite à tous mes meilleurs vœux pour 2009 !






















... voici un petit aperçu de mes dernières recherches graphiques !

L'aventure continue !

:)

mardi 11 novembre 2008

"On est là !"

Apres un long silence... voici quelques images réalisées ces derniers mois :