lundi 28 juillet 2008

Le Grand Retour

CTS. Compagnie bunker. Un char d'assaut. Avec ses vitres teintées, son moteur rugissant, son pare-buffle j'avais au plus profond de moi prié un dieu que je connaissais pas. Un car accaparé par des nigérians furieusement sauvages. Je n'en revenais pas. J'étais choqué au plus profond de moi. Les gens se piétinaient, se bousculaient. Le jour était en train de poindre. Je perdais patience devant toute cette dispersion et négligence humaine. Nous nous regardions avec Hector indignés. Le mot est faible. Je ne porte aucun jugement de culture à ces hommes et femmes rencontrés aujourd'hui mais j'ai peur devant tant d'agressivité, de sauvagerie, de barbarie. Le chaos continue dans le bus. On palabre. On crie. On s'égosille pour recouvrir le verbe du voisin. On s'agite pour trouver sa place. Le blanc. Le blanc. Voilà comment je suis appelée parmi cette bande de mâles inintelligibles et violents qui m'entoure. Les cinq femmes présentes ne sont pas mieux. Hector est là. J'inspire. J'expire. Je voulais descendre. Partir. Le car démarre par saccades pour s'élancer furieusement sur la piste. Je m'enfonce dans le siège pour disparaître. J'ai peur. On roule vite. Trop vite. Son klaxon intempestif jette à tout va des notes de playstation. Un frisson me parcourt le dos. Je faisais partie d'un mauvais film. Babel ou une prise en otage d'un car blindé par des rebelles. Rester en paix.

... a suivre d'ici une petite heure... !

dimanche 13 juillet 2008

Le Grand voyage

Je vous écris d'un (autre) pays lointain : le pays de Thomas Sankara, celui des hommes intégres : le Burkina Faso.

Je profite des chaudes rues de Ouaga, de ces 6 mètres dorés (c'est ainsi que l'on nomme les rues ici), et de l'espace culturel Napam Beogo qui nous a chaleureusement accueilli ces derniers jours, pour vous écrire.

Une coupure, une bouffée d'air... laisser dans sa poche Cotonou la polluée et la grise pour Ouaga la paisible, l'ocre. Ahh ! Que de bonheur ! Partir. Partir pour un grand voyage. Un grand voyage que nous n'avions pas vraiment préparé. Je dis NOUS car cette aventure au Burkina nous l'avions rêvé à deux, Hector et moi. Autour d'un carnet de voyage à quatre mains. C'est ainsi que nous sommes partis ce mercredi 9 juillet, avec crayons taillés, aquarelle, encre de chine et carnets de croquis. Partir pour dessiner ou comment se faire rencontrer deux cultures graphiques et humaines.

J'ai bien cru que nous ne partirions jamais ! Je revois encore Hector et Thierry sourirent devant mon impatience, alors que déjà en retard pour prendre le bus à Ganhi, le pneu de la voiture de Thierry a crevé... Arrivés tant bien que mal à la gare routière non sans trop de retard... nous nous annoncons un retard de 3h !! Le bus était resté dans un embouteillage à Lagos au Nigéria... Nous partirons 8h heures plus tard, à 4h du matin, une flag dans le ventre et des cernes sous les yeux. Voilà l'Afrique, ... et son "imprévisible" ponctualité !!



très bientot la suite !!

lundi 23 juin 2008

Sur le fil...

Très prochainement !

vendredi 20 juin 2008

Haïku togolais

Perché tel un haïku sur une branche de cacaotier du pic d'Agou, Prosper la main verte règne sans partage sur un royaume évanescent et délicat.








Ce royaume, détrompez-vous, n'est en aucun cas semblable à ceux des rois Ghezo ou Glélé à Abomey au Bénin. Son royaume n'est pas fait du sang des captifs égorgés. Non. Son royaume n'est pas fait de ce sang, mais peut-être de ce rouge que l'on prendra soin d'appeler "teck". Cette feuille de teck qui donne au papier crème de mon moleskine une couleur si terreuse, âcre, un rouge sang séché. Prosper aux doigts pigmentés connaît les moindre recoins et secrets des montagnes qui l'entourent.
Nous sommes à Kpalimé, plus précisément au mont Kloto au Togo.
Pour y accéder, une petite route de montagne grimpe, telle une liane à flan de colline, à travers une forêt tropicale luxuriante. C'est ce terrain de jeu qu'explore Prosper depuis des années. Prosper est entomologiste. Ses découvertes sont épinglées aux murs de son auberge. L'auberge "Les Papillons" aux murs ocre et bleu cyan est un véritable laboratoire des sens. Des promenades de Prosper ne subsistent que les verts tendres, les noirs anthracites, les bleus lagons ou encore les jaunes arangana de madagascar des délicates ailes de papillons qu'il collectionne et des pigments naturels qu'il glane. C'est un monde riche, surprenant et pétillant qu'il nous fait découvrir. Prosper. Une âme d'enfant dans un corps élancé et charnu. Un prénom épicé. Des doigts d'argent pour recueillir la sève des plantes les plus grasses et les transformer en pigments. Des pigments naturels qui sous la pression du pouce et de l'index se transforment en une pâte épaisse et colorée. Une sorte de gouache prête à l'emploi. Un peu d'argile et de jaune d'œuf pour lier le tout. Une feuille de bananier comme support. Prosper marche. Prosper glane. Prosper collecte. Souvenez-vous de lui. Un treillis vert kaki jusqu'au nombril. Des ranchers noires au bout de ces deux longues jambes. Au dos un petit sac d'écolier Chipie jaune et bleu, et un filet à papillons.

Prosper cet homme poétique et énigmatique, ce haïku togolais.

jeudi 12 juin 2008

"Je vous écris d'un pays lointain" (5)

Quotidien FRATERNITE N°2112 du 12 juin 2008 - CULTURE - p9

Je ne pouvais décidemment pas passer à côté de cet article sans vous l'envoyer et le partager avec vous !
Un article dans le journal, sur mon travail ! Bon d'accord ce n'est ni
Le Monde, ni Libé... mais quel article !! ...
Un quart de page en bas à droite. Lui faisant face : le " cv détaillé de Me Robert Dossou " dans la rubrique ACTUALITE - p8... la classe ! Nous apprendrons par ailleurs que Me Robert Dossou aime le jeu de dame et la natation ! De parts et d'autres, un article sur Petit Miguélito, la star montante de la scène musicale béninoise " Je n'ai été à aucun moment arrêté ", la parution d'un livre sur notre bon cher président, j'ai nommé le Docteur Boni Yayi (... enfin je voulais parler du président des béninois...), et un article sur Simon Soha, artiste de son état. Voilà donc un article rudement bien réfléchi qui a été rédigé à propos de mon expo au CCF. Un article dont les mots imprimés me semblaient singuliers. Une répétition. Replay. Bis. Du copier-coller quoi ! Un copier-coller de l'article que j'avais moi-même écrit, avec mon collègue, dans le programme du CCF... Vive la presse béninoise !

... et bonne année !

"Je vous écris d'un pays lointain" (4)

Sur la chaise marron-plastique à côté de mon bureau, Guy-Ernest KAHO, s'est dévoilé, à livre ouvert, un matin.
Je le connaissais clown (depuis peu), acteur célèbre, comédien... et ce matin-là nous avons parlé poésie. Dans mon bureau. Tout était calme et paisible autour de nous. Nous avons échangé images poétiques contre littérature. Une belle matinée.
Quatre mois plus tard, Guy-Ernest m'écrivait un texte sur l'ailleurs.
Prélude au vernissage. Lecture.
Révérence à cette artiste à la voix pétillante et suave.

" Je vous écris d'un pays lointain "

Je vous écris du bout du monde
Je vous écris d'un pays lointain
D'un pays qui pouvait
Si le vent l'avait
Voulu
Etre le mien
Le vôtre aussi
En fait
Malgré les apparences
Nous sommes
Tous
Rameaux verts du même palmier
Feuilles vertes de l'Arbre du monde
Et souvent
L'Arbre tremble
Et les rameaux
Et les feuilles
Tombent
Et le vent
Pour les libérer
Peut-être
Les emporte
Où il veut
Les disperse
Comme il peut
Toujours est-il
Qu'à l'atterrissage
A cause du temps
Du voyage et du dépaysement
Les feuilles que nous sommes
Oublions
Avoir été feuille
Parmi d'autres
Feuille d'un arbre
Dont nous avons
Abondamment bu
La sève
Nous oublions même
Avoir connu et vécu
Avec celles et ceux qui
Aujourd'hui
Nous accueillent dans
Tous les pays lointains
Du monde
Mais quand le dépaysement passe
L'on se souvient
L'on se souvient même
Des détails de ce qu'on
A vécu dans cette vie là
Seul ou ensemble
Avec les autres feuilles
Sur les branches, à suivre
Par exemple les concerts des
Oiseaux qui passaient
Et quand on se souvient
On partage n'est-ce pas ?
Moi j'ai mes souvenirs, mes rêves
Mes délires mes rires mes murmures
Mes hurlements même
A partager
Et je sais
Je sais que vous auriez
Aimé que je vous les chante
Que je vous les danse ou que
Je vous les peigne
Mais pour le moment
Vous me permettrez
De vous les dessiner, de vous
Les écrire et de vous les
Poser là dans ce hall
En attendant
L'Autre prochain
Lointain
Pays
D'où encore
Je vous écrirai

Bonne année

Guy-Ernest KAHO

... merci Guy !

mardi 3 juin 2008

Café littéraire

Carton d'invitation que j'ai réalisé pour un café littéraire au Centre culturel français, sur le premier roman de Wilfried N'Sondé, auteur d'origine congolaise.
Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2007.

lundi 26 mai 2008

"Je vous écris d'un pays lointain" (3)

Voici quelques photos de l'exposition :







... du vernissage...



... et surtout un grand merci à eux :

samedi 24 mai 2008

"Je vous écris d'un pays lointain" (2)

(Carton sérigraphié en quatre couleur)

Voilà....
C'est avec beaucoup de plaisir que le directeur du Centre culturel français de Cotonou, et moi-même, vous présentons l'exposition " Je vous écris d'un pays lointain". Un petit inventaire illustré de cet ailleurs que je vis au Bénin depuis près d'un an (sérigraphies, collages, dessins). Une fenêtre sur mon univers graphique où se croisent et s'entrechoquent dessins, palabres, humour, légèreté,ratures, collages, bulles, ponctuation, voyages, papiers jaunis, poésie et photocopie…

Faute de ne pouvoir vous inviter à nous rejoindre au Bénin, je vous propose quelques photos de l'exposition, dont le vernissage s'est tenu hier, dans la rubrique petites images, très prochainement !!

A bientôt,

Ps... tout est vendu !!

lundi 5 mai 2008

"Je vous écris d'un pays lointain" (1)

Je vous écris d'un pays lointain depuis près de 312 jours... 312 jours dans un pays lointain, dessinés de hauts, de bas, de pleins et de déliés. Des jours à vous dépeindre cette existence lointaine que je respire à plein poumon. Je bois et j'inspire tellement ce que je vis dans ce pays lointain... que l'inspiration ne vient plus pour vous souffler ces précieux instants. Je reviens. Je reviendrai. J'ai décidé de prolonger ce bonheur si vite passé pour revenir poser ma valise le jour où le froid aura de nouveau envahi l'hexagone. Octobre. Octobre. Cela me laisse donc quelques beaux jours pour reprendre mon crayon et vous écrire de ce pays lointain... avec, à nouveau, plus de sérieux !



Ce pays lointain, cet ailleurs, j'y travaille depuis plus de trois années. Aujourd'hui je vie, j'explore cet ailleurs.



Si les mots m'ont manqué ces derniers temps, c'est qu'ils avaient besoin, sûrement, de se poser ici. Ici dans ce carnet. Carnet de recherches. L'ailleurs. Tome 2.



Tome 2. Le Tome 1 se prénommait Arbre à palabre. Il s'agissait d'un projet sur "l'ailleurs rêvé et l'exil vécu". Une suite de rencontres à Amiens, Paris et Bamako illustrées, filmées, entendues et rassemblées au creux de quelques pages.
Et puis cette envie si présente et si pressante de vouloir partir aussi. Vivre cet ailleurs. Se déraciner. Partir en Afrique pour comprendre. Etre au plus près de ceux que j'avais cotoyé au collectif de sans-papiers à Nancy. De ceux que j'avais rencontré tout au long de ce périple graphique qu'était l'Arbre à palabre. Qu'est Arbre à palabre. Puisque je lui ai donné un second souffle en arrivant ici par le biais de ces quelques pages numériques.



Le Tome 2 se nomme donc "Je vous écris d'un pays lointain".
Il est déjà dans ce carnet... et verra le jour très prochainement au Centre culturel français... c'est une surprise !
Je ne vous en dis pas plus.

jeudi 1 mai 2008

Quartier latin

mercredi 16 avril 2008

Saint Michel